Il y a deux mille ans naissait le christ et la chrétienté. Il y a deux mille ans ou presque naissait Ars sur Moselle.
A l’instar de beaucoup de régions françaises, ce sont les romains qui apportèrent la civilisation. Ce petit village de paysans gaulois, aux maisons de terre et de bois et installé sur les berges de la Moselle, va se forger une véritable identité avec la construction de l’aqueduc, témoignage de l’empire romain. Long de 22 kilomètres, il amenait l’eau de Gorze aux thermes de Divodurum (Metz en latin, la ville des deux eaux - la Moselle et la Seille). Il fut commencé au premier siècle, sera achevé au quatrième comme la basilique saint Pierre aux Nonnains de Metz. Il marquera l’apogée des Médiomatriques (lorrains) romanisés. Avides de confort et d’élégance, ils jouissaient de thermes (, d’égouts et de chauffage central par le sol, on a rien inventé…
La partie aérienne de l’édifice permettait le franchissement de la Moselle et plus de 110 arches reliaient Ars à Jouy sur 1128 mètres. Cet ouvrage monumental et majestueux fut construit par des milliers d’hommes qui s’installèrent à proximité du chantier, faisant fleurir un véritable bourg. Militaires et esclaves, architectes et ingénieurs ont développé une activité économique intense sans nul doute à l’origine de notre ville.
Les vestiges de cet aqueduc sont visibles et les sept arches restantes à Ars sont des pièces inestimables de notre patrimoine local et national.
Le nom de la ville ne vient probablement pas des arches mais du mot latin Arsis qui signifie monticule, promontoire. En effet, les militaires romains qui encadraient les esclaves ont pris position sur l’emplacement actuel de l’église Saint Martin. Un ARSIS, point haut dominant la vallée et la construction.
Baptisée par les romains Villa d’Ars, la ville pris ensuite plusieurs noms : aires sur Moselle, Ars sur Mozelle, Ars an der Mosel…